Demain, l'école du bon usage du cerveau

Comment enseigner intelligemment pour apprendre mieux ?

 

L’imagerie cérébrale permet de révéler l’incroyable plasticité du cerveau. Les réseaux de neurones connectés les uns aux autres grâce aux synapses, se réorganisent en permanence en fonction des apprentissages, des expériences vécues.

 

La production de neurones ne s’arrête pas à l’âge adulte mais continue tout au long de notre vie. Les chercheurs ont observé un pic de plasticité entre zéro et six ans : une véritable surproduction de synapses.

 

 

Cette plasticité est le support de l’apprentissage. Nous sommes des êtres conçus pour apprendre. Pour qu'un enfant apprenne mieux, les chercheurs en sciences cognitives préconisent de renforcer les piliers cérébraux de l’apprentissage : les grands mécanismes du cerveau qui déterminent la vitesse et la facilité d’apprentissage.

 

  • L’attention

 

 

L’objectif ici est donc d’orienter l’attention de l’enfant vers le bon niveau de traitement pertinent pour l’apprentissage.

 

 

 

Les chercheurs se sont rendu compte que dans les milieux défavorisés où tout est plus chaotique, le stress est plus présent. Au fil du temps, il peut devenir chronique et affecter les parties du cerveau qui sont importantes pour s’auto-réguler, pour se concentrer et pour réguler ses émotions (stress toxique)

 

La respiration joue ici un très important.

 

 

L’attention dépend du cortex préfrontal qui n’arrive à maturité qu’à l’âge adulte (vers 25 ans). Chez les jeunes enfants, l’attention est donc peu développée.

Le cortex préfrontal est le siège des fonctions exécutives : des fonctions qui permettent de réguler les autres fonctions cognitives, et qui sont donc cruciales pour les apprentissages scolaires.

 

L’attention des enfants est donc régulée par trois grandes fonctions exécutives :

  1. Le contrôle inhibiteur, pour résister aux sources de distraction (nombreuses dans une classe)
  2. La mémoire de travail, pour garder en mémoire de manière temporaire, des informations nécessaires (comme une consigne)
  3. La planification, pour organiser des étapes à suivre, afin de réaliser une tâche

 

 

  • L’engagement actif

 

Un enfant apprend d’autant mieux qu’il est engagé dans son apprentissage. Un cerveau passif n’apprend pas. Il doit prendre part à la recherche, à l’expérimentation. Le questionnement est l’une des plus belles manières d’aborder la connaissance !

 

Un enfant actif dans ses apprentissages est davantage curieux. La curiosité entraîne dans le cerveau une libération de dopamine (hormone du plaisir). L’imagerie cérébrale indique une activation des neurones du circuit dit « de la récompense » notamment au sein de l’hippocampe (petite structure du cerveau qui joue un rôle central dans la mémorisation à long terme).

 

 

  • La correction d’erreurs

 

Se tromper est normale et indispensable pour apprendre. C’est ce qui déclenche une reconfiguration des réseaux neuronaux au moment où l’enfant se rend compte qu’il a commis une erreur, ce qui lui permet d’affiner ses réponses suivantes et de se corriger. Les recherches en neurosciences montrent l’importance d’une correction rapide après l’apprentissage avec des textes ou des quizz.

 

Car l’activité de restituer des savoirs permet de mieux les retenir. Le test vérifie la mémoire à long terme et permet d’ancrer l’information ou d’y revenir si on ne connaît pas la réponse. Ce feedback est très important.

 

        Résultats optimisés quand on alterne apprentissage et test comme par exemple ¼ d’heure de chaque l’un après l’autre.

 

 

  •    La consolidation

 

Les troubles de l’attention sont parfois dû à un trouble du sommeil. Depuis une vingtaine d’années, les neuro-scientifiques découvrent également que le sommeil joue un rôle fondamental dans le processus de consolidation des apprentissages. Les chercheurs observent que la performance des élèves à des tests, est améliorée après une simple sieste.